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TDABC pour les ports et la logistique : une application concrète

Un port et une plateforme logistique concentrent une diversité de trafics, de navires et de manutentions que les méthodes de coûts classiques ne savent pas distinguer. Le TDABC (Time-Driven Activity-Based Costing) mesure le coût réel de chaque escale, de chaque conteneur et de chaque prestation, au lieu de le diluer dans un tarif moyen à la tonne ou au conteneur. Pour les autorités portuaires et les opérateurs de France et des marchés francophones, c'est la différence entre facturer une moyenne et facturer ce que chaque service consomme vraiment.

En résumé

Un port enregistre des milliers de mouvements par jour, tous différents : un porte-conteneurs de 2 000 EVP ne mobilise pas les mêmes ressources qu'un vraquier de 50 000 tonnes de céréales, et un conteneur frigorifique n'a rien à voir avec une caisse sèche. Les tarifs moyens à la tonne ou à l'EVP effacent ces écarts et masquent des subventions croisées massives entre trafics. Le TDABC reconstruit le coût à partir du temps réellement consommé par activité, ce qui donne un coût par escale, par conteneur et par route, réconcilié avec les données financières et défendable ligne à ligne.

Le problème

Pourquoi le coût moyen trompe-t-il dans un port ?

Un terminal manipule chaque jour des trafics qui n'ont presque rien en commun. Un porte-conteneurs demande du pilotage, du remorquage et des mouvements de grue cadencés ; un vraquier réclame des heures de déchargement continu et une occupation prolongée des quais. Un conteneur frigorifique consomme de l'énergie et une surveillance dédiée. Une marchandise dangereuse impose des protocoles de manutention spécifiques. Chaque variation change le coût de la prestation, mais un tarif à la tonne ou à l'EVP traite tous ces cas comme s'ils se valaient.

Le résultat est un phénomène que beaucoup de directions portuaires pressentent sans pouvoir le chiffrer : les trafics simples et réguliers financent les trafics complexes et exigeants. Ce subventionnement croisé reste invisible tant que le coût n'est pas rapporté à la ressource réellement mobilisée. Une grille tarifaire fondée sur des moyennes récompense précisément les trafics qui pèsent le plus sur l'infrastructure.

La méthode

Comment le TDABC modélise-t-il l'activité portuaire ?

La logique est simple : on regroupe les ressources par grande fonction, puis on rattache à chaque mouvement le temps qu'il consomme réellement. Un modèle portuaire comprend généralement des groupes de ressources pour les opérations navire, l'exploitation du terminal, la manutention, la documentation et le soutien :

  • Opérations navire : pilotage, remorquage, lamanage et gestion des escales.
  • Exploitation du terminal : conduite des grues et portiques, gestion du parc et des emplacements.
  • Manutention de la marchandise : chargement, déchargement et stockage, y compris les manutentions spéciales.
  • Documentation et douane : saisie, contrôles réglementaires, formalités d'import et d'export.
  • Maintenance et support : entretien des équipements, énergie, sûreté et services partagés.

Chaque groupe reçoit un taux de coût de capacité, calculé à partir du coût total des ressources et de leur capacité pratique. Ce taux transforme des minutes en euros, sans clé de répartition arbitraire.

Les équations de temps

Qu'est-ce qui fait varier le temps consommé ?

Le cœur du TDABC est l'équation de temps : pour chaque activité, on estime les minutes consommées en fonction des caractéristiques de la transaction. Dans un port, ces facteurs sont bien identifiés. Le temps de traitement d'un navire dépend de sa longueur, de son tirant d'eau et des conditions météorologiques. Le temps de manutention d'un conteneur dépend de sa nature : caisse standard, frigorifique, matière dangereuse ou colis hors gabarit. Le coût de stockage dépend de la durée de séjour sur le parc et du type d'emplacement occupé.

Une équation de temps additionne ces effets : un temps de base, plus un supplément par caractéristique particulière. Elle reste lisible pour les équipes d'exploitation, qui reconnaissent leurs propres inducteurs, et elle se nourrit des volumes que le système d'exploitation du terminal produit déjà.

Les données

De quelles données a-t-on besoin ?

Des exports que vos équipes savent déjà produire : mouvements de conteneurs et d'escales issus du système d'exploitation du terminal, planning des postes à quai, temps des équipes, données financières du grand livre et de la paie. Aucune intégration informatique lourde n'est nécessaire pour un premier modèle. L'enjeu n'est pas de collecter davantage, mais de relier les volumes d'exploitation aux coûts de la comptabilité, dans une unité commune.

C'est exactement ce que produit un modèle CostCtrl : un coût par mouvement, agrégé par navire, par client et par route, réconcilié avec les données financières. La mesure remplace l'estimation, et chaque chiffre reste auditable.

Ce que le modèle révèle

Que voit-on une fois le coût mesuré ?

Trois choses apparaissent presque toujours. D'abord, la possibilité de tarifer les services selon la consommation réelle de ressources plutôt qu'au forfait par tonne ou par EVP. Ensuite, la lecture claire des routes commerciales et des segments de clientèle qui sont vraiment rentables, et de ceux qui ne le sont pas. Enfin, la mesure du coût des inefficacités opérationnelles : temps d'attente excessif des navires, implantation sous-optimale du parc, ruptures de cadence.

Dans nos travaux avec de grandes autorités portuaires, le TDABC met régulièrement au jour des subventions croisées importantes entre types de marchandises et d'opérations. Rendre ces écarts visibles ouvre la voie à une tarification plus équitable et plus compétitive, alignée sur le coût réel du service rendu.

Les décisions

Que change le TDABC pour un port ?

Il transforme des convictions en décisions défendables : revoir la grille tarifaire pour refléter la complexité réelle, distinguer les trafics qui méritent un investissement de ceux qui pèsent sur l'infrastructure sans la rémunérer, arbitrer les projets de terminal sur des chiffres plutôt que sur des impressions, et objectiver le dialogue avec les compagnies et les chargeurs. La discussion ne porte plus sur une moyenne contestée par tout le monde, mais sur le comportement de chaque escale, chiffré dans la même unité que le compte de résultat.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

En quoi le TDABC diffère-t-il d'un tarif à l'EVP ?

Un tarif à l'EVP applique le même coût à tous les conteneurs, quelles que soient leur nature et les ressources qu'ils mobilisent. Le TDABC estime le temps réellement consommé par chaque mouvement, selon ses caractéristiques, et le convertit en coût. On passe d'une moyenne à une mesure, ce qui révèle les subventions croisées que le forfait masque.

Faut-il un système informatique spécifique ?

Non. Un premier modèle se construit à partir des exports que le système d'exploitation du terminal et la comptabilité produisent déjà : mouvements, escales, temps des équipes et données financières. L'intégration vient plus tard, une fois la valeur démontrée.

Le TDABC s'applique-t-il aux vracs comme aux conteneurs ?

Oui. Les équations de temps s'adaptent à chaque trafic : durée de déchargement et occupation des quais pour le vrac, cadence de grue et manutentions spéciales pour le conteneur. La méthode est la même, seuls les inducteurs changent.

Combien de temps pour obtenir un premier chiffre ?

Le Profit Check gratuit donne une première estimation d'exposition en quelques minutes, sans transfert de données. Un modèle complet par escale et par route, réconcilié avec la comptabilité, se construit en 4 à 6 semaines dans un pilote à périmètre fermé.

Le résultat sert-il à augmenter les tarifs ?

Pas nécessairement. L'objectif est la justesse : facturer chaque service selon ce qu'il consomme. Certains trafics sont sous-tarifés, d'autres sur-tarifés. Le modèle rééquilibre la grille et protège les trafics disciplinés que la moyenne pénalise aujourd'hui.

Voir aussi

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Vos trafics simples financent-ils discrètement les plus complexes ? Le Profit Check gratuit estime votre exposition aux subventions croisées en quelques minutes, sans transfert de données. Ou écrivez-nous via la page de contact.

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Faire le Profit Check
Miguel Guimarães

Revu par

Miguel Guimarães

Founder, Cost and Profitability Consulting

Plus de 150 missions de Time-Driven ABC dans 11 secteurs depuis 2010, dans le cadre de Kaplan et Anderson.

A propos de l'auteur →
M
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